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Lucie Bernard est née en Bourgogne en 1912 dans une famille
de vignerons. Agrégée d’histoire, militante antifasciste,
Résistante sous l’Occupation nazie elle est fondatrice
du journal et du mouvement clandestin Libération.
À 31 ans, Lucie devient une spécialiste des évasions.
Fine stratège et comédienne-née, elle affronte
le chef de la gestapo Klaus Barbie. Deux fois, elle sauve de la mort
son mari Raymond. En octobre 43, elle organise son évasion,
le sauve de la mort et avec lui 14 camarades condamnés par
les nazis. En février 44, la famille est recherchée
par la Gestapo. Lucie est enceinte de son deuxième enfant,
son mari est blessé. Avec leur fils de 4 ans, ils quittent
la France pour Londres. Lucie Bernard entre alors dans la légende
et devient Lucie Aubrac héroïne de la Résistance.
À ce propos, elle dit : Tous les résistants n’ont
pas forcément été des clandestins, simplement
des gens qui se sont contentés de constater des injustices
et qui en ont informé des proches et des amis. Après
la Libération, Lucie retourne à son métier de
professeur, vit au Maroc, en Italie et aux États-Unis avec
son mari Raymond et leurs enfants. C'est au moment du procès
de Klaus Barbie que Lucie s'insurge contre les révisionnistes
de l'histoire. Elle décide d'aller témoigner auprès
des jeunes générations de son expérience de résistante,
et de celle de ses camarades. Humaniste, militante, femme de coeur
et d'action, elle poursuit sa lutte contre les injustices en pratiquant
le devoir de mémoire, en allant inlassablement dans les lycées
et les collèges à la rencontre des jeunes en qui elle
fonde tout son espoir.
Le 14 mars 2007, à 94 ans, elle s'éteint à l'hôpital
suisse d'Issy les Moulineaux. "Résister se conjugue au
présent" disait-elle. Puissent ses mots résonner
dans nos mémoires pour toujours.
Elle a publié : Ils partiront dans l’ivresse, 1984; Cette
exigeante liberté, 1997; La Résistance expliquée
à mes petits-enfants. 2000.
Hommage
Un texte de Renaud Helfer Aubrac
Monsieur le Président de la République,
Raymond,
Mesdames et Messieurs,
Ce sont les 10 petits-enfants de Lucie et Raymond qui s’expriment
maintenant devant vous.
10 petits enfants.
Mais ne sommes nous pas en réalité beaucoup plus nombreux ?
50 000 ? 100 000 ? 200 000 peut-être ?
Rythmé par les visites de Lucie dans les écoles, notre
famille s’est en effet considérablement agrandie. De
semaines en semaines, devenant toujours plus nombreuse.
Nous en étions heureux.
Nous en sommes fiers.
Les relations exceptionnelles que Lucie nouait avec les jeunes –mais
aussi les moins jeunes- étaient empreintes d’un profond
respect mutuel et d’un partage constant des valeurs.
Ces relations se fondaient aussi sur le partage des petites choses
de la vie.
Ses joies. Ses peines.
L’intimité de ces liens faisait que finalement Lucie
appartenait un peu à tout le monde. En retour, il faut bien
le dire, nous lui appartenions tous un peu.
Aujourd’hui, Lucie, tu as transmis.
Tu as transmis ces valeurs de notre beau pays et qui te sont si chères :
La Liberté. L’Egalité. La Fraternité.
Ces valeurs pour lesquelles tu as toujours dis OUI à la France.
Aujourd’hui, Lucie, tu as transmis.
Tu as transmis l’exigence d’un Devoir de mémoire.
Ne jamais oublier les horreurs du passe garantit la vigilance pour
la construction d’un avenir plus juste.
Aujourd’hui, Lucie, tu as transmis.
Tu as transmis la spontanéité d’un sursaut face
à l’injustice que tu sais être sans frontière.
Tu as transmis cette décharge électrique qui nous fait
redresser la tête, et dire d’une seule et même voix :
NON.
Non aux injustices sociales
Non aux injustices politiques
Combien de personnes meurent encore de faim ?
Combien de personnes meurent encore de froid ?
Combien de femmes et d’enfants subissent encore les conséquences
de conflits armes qu’ils n’ont jamais souhaite ?
Combien de libertés encore bafouées ?
Et bien, Lucie, dans ces combats d’aujourd’hui et de demain,
nous serons ensemble.
Intimement liés.
Pour défendre les plus démunis.
Pour défendre les plus opprimés.
Pour défendre les valeurs de notre République contre
les Injustices.
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